
6 Juillet 2007
Grêle : des dégâts dans les vignes
« Ça a duré une minute… Mais
on a perdu 10 % de la récolte. On est tributaire de la nature…
» Fataliste et réaliste, Gilles Dumangin.
Ce vigneron de la Montagne de Reims cultive 5 ha de vignes. Comme
quelques autres, il a assisté impuissant à l’orage
de grêle qui s’est abattu mardi soir sur les villages
de Rilly-la-Montagne, Chigny-les-Roses, Taissy, Ludes, etc. Depuis
deux jours, on dresse le bilan et on attend surtout le retour du soleil,
samedi ou dimanche, pour prendre les mesures qui s’imposeront
pour protéger le raisin.
Aléatoire
Mardi soir, vers 22 heures, fidèle à son habitude, la
grêle a frappé au hasard. « C’est 100 % aléatoire
» confirme M. Dumangin, qui dit avoir été «
pas mal touché » sur 220 ares. « C’est très
inégal selon les parcelles », complète Mme Paulet
un peu plus loin. Aussi, le bilan chiffré va de 10 à
40 % de raisins abîmés. Selon Laurent Champs, la vigne
n’aurait souffert que « sur une face », estime Laurent
Champs.
Depuis mardi, la météo très humide n’a
rien arrangé. Les vignerons en sont à attendre que le
ciel, la vigne et le sol sèchent un peu pour intervenir. Il
s’agit en effet d’éviter que la pourriture ne détruise
ce qui ne l’a pas été par la grêle. Si le
soleil revient, Gilles Dumangin pourrait appliquer « un troisième
traitement » à ses vignes, alors qu’il pensait
« l’éviter ».
Il regrette un peu de n’avoir pas reconduit son assurance grêle.
« Depuis vingt ans, le risque était devenu plus ou moins
négligeable »…
Phénomène de retour
Plus généralement, dans le vignoble champenois, la grêle
revient régulièrement. M.Gauthier, dont la vigne a été
touchée à 20 % mardi, déplore : « Ça
fait deux années de suite que je suis grêlé (secteur
de Rilly/Chigny). Mais en mai, ma vigne d’Ambonnay l’a
été aussi ». Hier, il est intervenu sur ses vignes
« parce qu’il y a beaucoup de baies éclatées.
Ça noircit ».
Quant aux explications, personne ne les a. La rumeur circule dans
le secteur sud de Reims selon laquelle le retour de la grêle
serait lié à la construction de la LGV et à ses
équipements métalliques. Ce que démentait un
spécialiste dans l’union il y a quelques mois. Et puis,
conclut M. Gauthier, « Toute la Champagne est touchée.
Cette année, on est verni ».
J.F.Scherpereel